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Après de longs mois d’échange et de tergiversations, Bruxelles vient enfin de légiférer pour proposer au consommateur un vrai vin bio.

Rappelons qu’actuellement, le vin bio n’existe pas au sens strict du terme. Seul le vin issu de raisins certifiés en agriculture biologique existe. En effet, la vigne était certifiée bio, mais la partie vinification n’était pas encadrée. C’est chose faite depuis le 8 février 2012, date à laquelle Bruxelles a décidé d’autoriser à partir de la récolte 2012 l’utilisation du terme “vin biologique”.

 Que change la nouvelle loi ?

Tout d’abord, la loi qui concernait la vigne ne change pas dans les grandes lignes. Les gros changements concernent la vinification. En effet, Bruxelles a par exemple décidé d’interdire l’acide sorbique et la désulfuration et de limiter le niveau de sulfites dans le vin biologique  :  il devra être inférieur d’au moins 30 à 50 mg par litre par rapport au vins dit conventionnels. C’est donc un pas en avant dans la protection des consommateurs contre l’utilisation abusive de ces produits.

Toutefois, on peut regretter que Bruxelles ne soit pas allé plus loin dans le contrôle du niveau des sulfites.  Par ailleurs, et c’est le plus regrettable, Bruxelles a décidé d’autoriser un certain nombre de pratiques œnologiques conventionnelles comme le recours à des levures dites exogènes ou sélectionnées : ces levures choisies par le vignerons peuvent donner des goûts spécifiques au  vin, quelque soit le millésime ou le cépage. Elles ont été très utilisées dans le Beaujolais nouveau pour donner le fameux goût de banane. On aura donc compris que cette décision ne va pas dans l’esprit de la création de vins bio représentatifs de leur terroir, car les levures peuvent changer le goût du vin.

Que penser de ces changements ?

Nous sommes donc assez mitigés sur la loi : si l’on veut regarder le verre à moitié plein, on se réjouira du fait d’un cadre existe désormais pour le vin bio. Si l’on le regarde à moitié vide, on pourra considérer qu’on aurait pu aller plus loin et être plus cohérent pour satisfaire l’esprit des producteurs de vins bio qui visent dans leur grande majorité à faire des vins propres représentatifs de leur terroir.